
Paris 1922 : Einstein et Langevin
Extrait des Archives de la Ligue
La salle de conférence de la Sorbonne bourdonnait de discussions animées en ce 6 avril 1922. Albert Einstein, entouré d’un groupe de scientifiques, remarqua l’approche d’un homme élégant à la barbe bien taillée : Henri Bergson, le célèbre philosophe français.
— Votre temps, Professeur Einstein, ne parle pas de la durée.
Einstein sourit, sans se départir de sa retenue.
— Il se coordonne.
Langevin traduisit, puis hésita un instant avant de poursuivre.
— Vous décrivez un monde, reprit Bergson, où les horloges s’accordent, mais où l’expérience humaine semble… secondaire.
— Non, répondit Einstein. Elle est hors champ.
Un silence s’installa.
— Hors champ, répéta Bergson. Donc invisible pour la science.
— Inaccessible à ses équations, oui.
Bergson s’approcha légèrement.
— Mais vous conviendrez qu’un événement n’est pas seulement mesuré. Il est vécu.
Einstein prit le verre posé devant lui, le fit tourner lentement.
— La physique ne dit pas ce qui arrive. Elle dit comment cela se relie.
Einstein marqua une pause.
— Monsieur Bergson, vous pourriez dire que ce vin sera bu ; je dis qu’il aura été bu. L’événement est déjà inscrit dans la géométrie de l’univers, aussi réel que cet instant-ci.
Langevin traduisit, plus lentement.
Bergson esquissa un sourire, amusé mais critique.
Einstein termina sa pensée.
— Le temps n’est pas ce que nous ressentons, mais ce que nous mesurons. La physique doit se méfier des intuitions, aussi profondes soient-elles.
Plus tard dans la soirée, après avoir quitté la conférence, Einstein remarqua une légère irritation sur son bras. La rougeur s’aggrava, et il se souvint de l’invitation de Bergson à consulter un médecin.
Il arriva chez le docteur Lemoine, recommandé par Bergson.
— Bonsoir, Professeur, se présenta le docteur en allemand. Je suis le docteur Lemoine, un collègue du professeur Bergson. Je vois que vous avez une légère réaction cutanée. Ne vous inquiétez pas, je vais m’occuper de cela rapidement.
Einstein, observant son bras, répondit :
— Oui, c’est apparu après la conférence. Je suppose que c’est une simple allergie.
Le docteur examina la rougeur avec attention.
— Sans doute. Pour être sûr, je vais prélever un petit échantillon de peau. Ce sera rapide et cela nous aidera à mieux comprendre et traiter cette irritation.
Einstein soupira, visiblement fatigué :
— Faites ce qu’il faut, mais je préfère que cela ne dure pas trop longtemps.
Le docteur s’exécuta. Le prélèvement se fit rapidement, sans éveiller la moindre suspicion.
[ ARCHIVES DE LA LIGUE : DOSSIER #19212-AE ]
Conformément aux protocoles de 1800, l’échantillon a été traité pour reprogrammation cellulaire (iPSC). Les cellules épithéliales d’Einstein ont été différenciées en neurones pour intégration dans les bio-ordinateurs tripartites.
Historique des donneurs (XIXᵉ – XXᵉ siècles) :
Actifs : Marie Curie, Niels Bohr
Archivés : Friedrich Nietzsche (1900), Charles Darwin (1882)
Chapitre II