Le ciel de Kheran brûle
Chapitre VII — Un long voyage dans l’inconnu — La Chute.
Cette nuit-là, deux supernovas illuminent deux ciels différents. Depuis la Terre, celle de Tycho Brahe suscite émerveillement et calculs. Depuis Kheran, la planète d’origine des Pravasis, c’est Mrityu-tara, l’étoile de la mort, qui explose. Si proche que la lumière et les radiations frappent en même temps.
La même lumière dans l’univers. Deux expériences radicalement opposées.
Dans l’obscurité trouble d’une atmosphère en agonie, une lumière discrète scintille — lointaine, froide, presque belle. C’est la supernova de Tycho Brahe, visible aussi depuis la Terre, à des dizaines d’années-lumière d’ici. Là-bas, elle suscite curiosité, émerveillement, calculs et récits.
Ici, elle n’est qu’un point.
Au zénith, une autre lumière déchire le ciel : Mrityu-tara, l’étoile de la mort. Une explosion si proche que la lumière et les radiations frappent en même temps. Le sol se fissure, les pluies acides rongent les forêts, les vents empoisonnent l’air. La vie, ancienne, fragile, s’éteint.
Deux supernovas. La même nuit dans deux ciels. L’une contemplée, l’autre subie.
Et si le paradoxe de Fermi ne venait pas du silence des civilisations, mais de l’univers lui-même ? Et si l’intelligence, à peine née, pouvait être balayée — non par ses propres erreurs, mais par la fin brutale d’une étoile voisine ?